Accueil > Culture, ici et ailleurs... > Au-delà du son : Comment la performance "Rendu Ghatam" redéfinit le genre à (…)

Au-delà du son : Comment la performance "Rendu Ghatam" redéfinit le genre à travers un instrument

dimanche 16 novembre 2025, par L Babin

Les histoires cachées dans le son

L’art possède cette capacité unique de révéler des significations profondes dans les objets et les concepts les plus familiers. Il nous invite à voir le monde autrement, à trouver de la complexité là où nous ne voyions que de la simplicité. La performance « Rendu Ghatam », créée par l’artiste Sumana en 2015, en est un parfait exemple. À travers un seul instrument de musique, elle déploie une réflexion puissante sur la dualité et le genre. Cet article explore les idées les plus percutantes et surprenantes de cette œuvre singulière.

Idée clé 1 : La dualité au cœur de la performance

L’argument conceptuel de la performance repose sur une réinterprétation subtile mais radicale. « Rendu Ghatam » explore le concept de « rendu » non pas dans son sens littéral de « double », mais comme une exploration de la « dualité ».

Cette distinction est fondamentale. En s’éloignant de la binarité simple de l’original et de la copie, la performance révèle des couches de sens plus complexes et interdépendantes : celles qui unissent le son et le silence, la présence et l’absence, ou la forme et le vide. Le Ghatam n’est plus seulement un objet et son écho, mais un lieu où des forces complémentaires dialoguent. Cette exploration de la dualité trouve son expression la plus poignante dans la manière dont la performance aborde la question du genre.

Idée clé 2 : Le Ghatam, un réceptacle des histoires de femmes
L’œuvre utilise le Ghatam non seulement comme un objet sonore, mais aussi comme un porte-voix pour les questions de genre. La performance explore les notions d’identité telles qu’elles sont incarnées dans les histoires et les sons associés à cet instrument traditionnel.

Le travail a été directement inspiré par les parcours personnels de trois femmes : celle qui fabrique l’instrument, celle qui l’enseigne et celle qui l’apprend. En liant un objet du patrimoine culturel aux expériences féminines contemporaines, « Rendu Ghatam » crée un pont puissant entre la tradition et les conversations actuelles sur l’identité et la place des femmes.

Idée clé 3 : Un écho durable dans le paysage culturel indien

Entre 2015 et 2021, « Rendu Ghatam » a été largement présentée en Inde, trouvant un écho particulier auprès du public des universités. Cette résonance dans les milieux académiques n’est pas un hasard ; elle témoigne de la profondeur de l’œuvre. Elle a séduit un public avide de réflexion critique précisément parce qu’elle déconstruit avec finesse des concepts comme la dualité et relie avec audace une forme d’art traditionnelle à un discours contemporain sur le genre.

La rigueur intellectuelle de l’œuvre, qui a tant séduit le public universitaire, a été soutenue dès sa conception par une bourse du Sandbox Collective-Goethe Institut et affinée par la dramaturgie d’Anish Victor. Pour ceux qui souhaitent approfondir, un enregistrement audio de Sumana parlant de cette performance est disponible.

Gemini Luc Babin

Conclusion : Une dernière réflexion

« Rendu Ghatam » est bien plus qu’une simple performance artistique. C’est une exploration profonde de la dualité, du genre et du son, condensée dans la forme et la résonance d’un unique instrument. L’œuvre de Sumana nous rappelle que les objets les plus simples peuvent contenir des univers de sens, à condition que nous prenions le temps de les écouter.

Et vous, quel objet de votre quotidien pourrait révéler une dualité inattendue si vous preniez le temps de l’écouter ?