« Les mots pour le dire sont difficiles à trouver » dit l’un des « témoins » en début de pièce.
Et le spectateur prend conscience que la danse dit parfois plus que les mots.
Les témoins, il y en a partout : ceux qui racontent ce qu’ils ont vécu , ceux qui marchent, ceux qui regardent. Témoins de quoi ? de l’horreur, des génocides, de la torture, de la monstruosité, de la douleur, de l’indifférence, ces plaies universelles.
Des corps allongés, disloqués. D’autres se contorsionnent merveilleusement sous une douleur supportable par le spectateur seulement grâce à une chorégraphie tout en finesse et en élégance.
La lenteur et le contrôle de chaque mouvement donne de la densité dramatique à cette narration qui nous plonge dans la hantise de la torture qui ne s’arrêtera jamais, mais « qu’il faut arriver à dire ».
Par sa beauté et sa force, ce spectacle nous rend témoins d’un monde où la violence et la torture sont devenues presque ordinaires quand elles n’appartiennent pas directement à notre univers.


